Que veut dire scoop en kinésithérapie perinée ? Définition et explication

Sur que-veut-dire.com, on explique souvent des expressions “du quotidien” — mais parfois, un mot circule surtout dans un milieu précis, et il devient mystérieux dès qu’on sort du contexte. C’est exactement le cas de “scoop” en kinésithérapie du périnée. Certaines personnes l’entendent pendant une séance de rééducation périnéale (après un accouchement, en cas de fuites urinaires, de douleurs, de sensation de “pesanteur”, etc.), et se demandent : “Ok… mais c’est quoi le scoop ? Je dois faire quoi, exactement ?”

Le souci, c’est que le mot “scoop” n’est pas un terme médical officiel universel : c’est plutôt un mot de consigne (un “coup de vocabulaire” de kiné, de Pilates, de préparation physique) qui sert à faire comprendre un mouvement interne : activer le bas du ventre et le plancher pelvien de manière coordonnée, sans pousser vers le bas. Dans cet article, on va poser une définition simple, expliquer comment réaliser le mouvement correctement (de façon générale), et préciser à quoi il sert en rééducation du périnée.

Définition de scoop en kinésithérapie perinée

En rééducation périnéale, le mot “scoop” désigne généralement une action de gainage profond : on cherche à “creuser” ou “ramener” doucement le bas du ventre (sous le nombril) vers l’intérieur et légèrement vers le haut, tout en coordonnant cette action avec une remontée douce du périnée. L’image la plus courante : comme si tu “fermais une fermeture éclair” du pubis vers le nombril, ou comme si tu rentrais un pantalon un peu serré sans bloquer ta respiration.

Ce “scoop” n’est pas censé être un gros effort visible. Le but n’est pas de contracter fort les abdos superficiels (le “grand droit”, celui des tablettes), ni de bloquer le souffle. Au contraire, on vise surtout :

  • l’activation du transverse (le muscle profond qui fait comme une ceinture autour du ventre) ;
  • la coordination avec le plancher pelvien (le périnée) ;
  • une sensation de stabilité du bassin et du bas du dos, sans pousser vers le bas.

Autrement dit, “faire un scoop” en kiné périnée, c’est souvent une manière simple de dire : “active ton centre (abdos profonds + périnée) en douceur, et remonte, pas l’inverse.” Comme chaque kiné a ses mots, certains parleront plutôt de “gainage profond”, “verrouillage”, “aspiration”, “engagement du transverse”, ou “activation du plancher pelvien”.

Comment bien faire le mouvement scoop ?

Ici, on décrit une méthode générale et pédagogique. En rééducation périnéale, il peut exister des adaptations importantes selon ton cas (post-partum, prolapsus/descente d’organes, douleurs, hypertonie du périnée, chirurgie, etc.). Donc si tu ressens une douleur, une pression vers le bas, une gêne vaginale/anale, ou si tu n’es pas sûre du geste : mieux vaut vérifier avec ton/ta kiné.

1) La position la plus simple pour débuter
Commence allongée sur le dos, genoux pliés, pieds à plat, bassin neutre (ni cambré à fond, ni écrasé). Pose une main sur le bas du ventre (sous le nombril), l’autre peut rester sur le côté ou sur les côtes pour sentir la respiration.

2) Respiration : la clé pour éviter de “pousser”
Inspire tranquillement (sans gonfler à bloc le ventre), puis expire lentement. Chez beaucoup de personnes, l’expiration aide naturellement le transverse et le périnée à s’activer. L’idée : garder une respiration fluide, sans apnée.

3) Le scoop du bas-ventre
Sur l’expiration, imagine que tu ramènes doucement le bas du ventre vers l’intérieur (comme si tu voulais rapprocher le bas du ventre de la colonne), puis légèrement vers le haut. Ce doit être subtil : tu peux sentir sous ta main une légère tension “profonde”, pas un durcissement brutal.

4) Ajouter la remontée périnéale (si c’est ce que ton/ta kiné te demande)
Toujours sur l’expiration, tu peux associer une sensation de remontée du périnée. Les images classiques (à choisir selon ce qui te parle) :

  • “Comme si tu retenais un gaz” (anus) et “comme si tu retenais une envie d’uriner” (urètre), en version douce ;
  • “Comme si tu aspirais une petite bille vers l’intérieur” ;
  • “Comme si tu faisais remonter un ascenseur à l’intérieur du bassin”.

Point très important : le périnée ne doit pas “pousser” vers le bas. Si tu sens une pression descendante, une lourdeur, ou que tu dois forcer, c’est qu’il faut diminuer l’intensité, revoir la respiration, ou demander une correction.

5) Relâcher et recommencer
Le scoop n’est pas une contraction “figée”. En général, tu fais : inspire (relâche), expire (active doucement), puis tu relâches. Pour débuter, vise par exemple 6 à 10 répétitions, en qualité, plutôt que de forcer longtemps.

Les erreurs fréquentes (à éviter)

  • Bloquer la respiration : si tu es en apnée, tu risques de créer une pression mal gérée.
  • Contracter trop fort les abdos superficiels (ventre qui “durcit” et côtes qui se crispent).
  • Rentrer le ventre en mode “aspirateur” au point de creuser exagérément ou de cambrer.
  • Pousser vers le bas (sensation de descente, lourdeur, pression).
  • Serrer fesses et cuisses : ça peut arriver, mais le scoop vise d’abord le centre profond.

Une progression simple
Une fois le scoop maîtrisé allongée, on peut le travailler assise, debout, puis l’intégrer à des gestes du quotidien : se lever d’une chaise, porter un sac, monter des escaliers, tousser/éternuer (avec la bonne coordination), ou faire un exercice de renforcement. C’est souvent là que le scoop devient vraiment utile : quand il aide ton corps à gérer la pression au bon moment.

A quoi sert le scoop en kinésithérapie perinée

En rééducation périnéale, le scoop sert surtout à retrouver une bonne coordination entre le périnée, les abdos profonds et la respiration. Le périnée n’est pas “juste un muscle à serrer” : c’est un ensemble qui travaille en équipe avec le diaphragme (respiration) et la sangle abdominale profonde pour stabiliser le bassin et gérer les pressions (quand tu ris, tousses, sautes, cours, portes, etc.).

Concrètement, le scoop peut aider à :

  • améliorer la continence (réduire certaines fuites à l’effort) en apprenant à activer au bon moment ;
  • mieux soutenir le bassin en cas de sensation de faiblesse ou de “manque de maintien” ;
  • réduire les pressions mal dirigées (celles qui “poussent vers le bas”) en favorisant une activation qui remonte ;
  • protéger le bas du dos en renforçant la stabilité profonde plutôt que de compenser avec des muscles superficiels ;
  • retrouver des automatismes après une grossesse/accouchement ou une période de fragilité.

Il peut aussi servir à un objectif très important, souvent oublié : la prise de conscience. Beaucoup de personnes ont du mal à “sentir” leur périnée, ou confondent contraction et poussée. Le scoop, bien guidé, devient une sorte de repère : “je sais où engager, comment respirer, et comment relâcher”.

Dernier point essentiel : la rééducation périnéale ne consiste pas toujours à “muscler plus”. Parfois, le problème est un périnée trop tonique, trop crispé, ou mal coordonné. Dans ces cas-là, un scoop mal fait (trop fort, en apnée, avec pression) peut aggraver les sensations. D’où l’intérêt de viser un geste progressif, respiré, et corrigé si besoin.

En résumé : le “scoop” en kinésithérapie du périnée est une consigne pratique pour activer en douceur le transverse et le plancher pelvien, souvent sur l’expiration, afin d’améliorer la stabilité, la gestion des pressions et le contrôle du périnée dans la vie réelle. Si tu veux l’utiliser efficacement, le meilleur objectif n’est pas “plus fort”, mais “mieux coordonné”.

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